Découverte du Marguareis

Cela fait très longtemps que je ne suis pas allé par là. Comme je me suis accordé un week-end prolongé, j’en ai profité.

Mercredi soir, j’ai préparé mon grand sac, diné et regardé, malgré tout, « Timbuktu », beau film.

Jeudi 25 mai :

Levé 6h, fin des préparatifs et : l’autoroute jusqu’à Ventimiglia, la vallée de la Roya avec contrôle de gendarmerie (non, je n’avais pas de migrant dans mon coffre), St. Dalmas de Tende, la Brigue et avant Morignole la piste jusqu’à la Baisse d’Ugail (b.300 à +1392). Deux jolis cairns n’incitent à partir à la découverte. Il est 9h55, il fait beau avec des nuages et un petit vent. Je vois deux chevreuils curieux et peu craintifs à la Baisse de la Crouseta. Le fort de Crouseta est carrément sous la montagne, on y voit que deux tunnels d’accès. A midi, à 2000 m, je me pose au soleil, pour manger. A 13h, un groupe de 4 gars arrive du N, des crêtes. Moi je repars vers l’E et arrive au sommet du Mont Bertrand (2482 m) à 15 h.

sommet du Mt. Bertrans

C’est venteux, le Mercantour est sous les nuages. Après les photos d’usage, je descends la crête N, bien enneigée et retrouve le chemin à la l.b. 259, passe la Cime de Vélégue et arrive sur la crête E de la Cime de l’Evêque. Je vais trop vers l’ouest, remonte de 25 m et descend à vue, toujours dans la neige au col de l’Evêque. Après une légère remontée, je descends au col de Celle Vieille (2099 m) et voit mon 1° chamois. Il est 17h20, je décide de m’arrêter là. Mais le col est ventée et peu propice au bivouac ; alors je remonte 35 m, à un emplacement que j’avais repéré et je m’y installe. Je fais fondre la neige pour me faire à diner, et me couche avec le soleil.

Conclusions :

Dénivelé : + 1175 et – 435 m

Temps : 6 heures env.

Distance : 9.8 km env.

Vendredi 26 mai :

Je me réveille à 7h, et surprise, il n’y a plus de sommet, tous dans les nuages. Je me prépare, résigné, et pars à 8h30. Après être redescendu au col, j’attaque la remontée traversante N.O. sous la cime de de Pertègue, passe la croupe  vers 2230 m, passe versant N-O avec des névés, longe la crête arrive à un petit col, puis descends franchement sur le col des Seigneurs (2111 m, b.327). Le refuge Dom. Barbera est fermé et la Pointe Marguareis (2650 m) est invisible.

Je voulais me la faire, même pas j’essaye, je reviendrais : pas de visibilité, trop de neige. Bien que ce soit une enclave de la commune de la Brigue, il n’y a plus que des panneaux italiens !

Au lieu de prendre l’ancienne piste militaire, je prends la « route du Marguareis », balisée GTA, rouge et blanc. Je vais ainsi NNO, entre les blocs de rochers, les névés et les plans d’herbes.

route du Marguareis

Tout d’un coup, un rayon de soleil. Je me pose, me fait une boisson chaude et mange un peu. J’aperçois la Pointe Marguareis toute en neige, j’ai pris la bonne décision et continue ma progression, sous les nuages et sur la neige à la recherche perpétuelle de la marque blanche et rouge (un peu de couleur dans cette ambiance grisâtre). Arrivé au Plan Ambreuge, le temps s’améliore, j’en profite.

Plan Ambreuge

Un couple d’italiens passe et monte plein N. Je vais aller dans la même direction, puis un panneau indique sur la droite : Pas de Scarasson. Je n’ai pas fait la Pointe, alors pourquoi ne pas aller voir ce qu’il y a derrière de col.

Pointe Malguareis

Je monte, mais subitement un gros nuage descend et me fait redescendre les 65 m montés. De retour au panneau, je reprends vers le NO les marques du GTA. L’Ambiance est assez lunaire et grisâtre. Je continue mon jeu de piste, passe sous Colle Plane, sous Tête Chaudon et arrive sous un col agrémenté d’un laboratoire scientifique italien. J’aurais vu 6 chamois solitaires et craintifs et une bonne quinzaine de marmottes.  Après avoir contourné un n-nième sommet calcaire, j’arrive au col de la Boaïra  à 2102 m(en français et Boaria en italien).

La, profusion de panneaux, conseil général et l’Italie se font concurrence, mais donnent bien les mêmes indications ! Cette ancienne piste militaire, qui continue vers le col de Tende, côté italien, est vraiment impressionnante. Le temps s’améliorant, je vois également une arrivée d’un télésiège de Limone.

Je descends sur Gias Sup. de Malabergue (1915 m). C’est super, il y a de l’eau qui coule de partout. Je continue à descendre, et avant la b.324, stress : plus d’eau. Vois indiqué sur la carte, des sources à proximité de la vacherie de Malabergue (1753 m).

vallon de Malabergue

Alors je continue. Je constate que je suis suivi, à distance par un mec qui a dû remonter sur le col des Seigneurs ; et moi je descends sur la vacherie où j’espère bien trouver une place pour bivouaquer. Surprenant, il y a devant la vacherie, un piquet et 6 chamois, dont 4 à 5 tournent autour et courant. Ils Jouent à quoi ? En tout cas, mon arrivée ne les ravies pas. Je trouve un emplacement, au-dessus, près de la source et m’installe ; il est 17 h et il fait soleil. Je n’ai pas très faim et bien soif, je me fais une soupe monumentale. Profite du coucher de soleil, avant de me coucher.

2° bivouac
papillon dort sur sa fleur

Conclusions :

Dénivelé : + 400 m env. et – 750 m env.

Temps : 7 heures env.

Distance : 15 km env.

Dommage d’avoir fait la partie la plus sauvage, sous les nuages (sans pluie).

Samedi 27 mai :

Un cri de marmotte me réveille à 7h30. J’ai tout mon temps, étant en avance sur mon planning, pour cause de météo. Je pars à 9 h, par un temps splendide. Un chamois est venu constater mon départ ; j’en verrai un deuxième un peu plus bas. La descente jusqu’à la b.314 est rapide et magnifique. Belle pause, mais je ne me laisse pas tenter par un retour plus direct et continue comme prévu la descente. Il n’y a plus de neige, mais c’est maintenant la végétation qui cache le chemin.

vallon de Malabergue descendu

J’arrive à Réfréi et surprises, une cheminée fume, la » rue « du village a été passée à la tondeuse et un gars arrose son potager. « Ici, c’est mon paradis » qu’il me dit, « vous avez devant vous un retraité heureux». Il est le dernier à y monter. Je le quitte à regret et lui va surveiller son bbq. Beau chemin en lacet pour franchir les barres ; c’est comme dans le Vercors. Je m’arrête sur le chemin, à l’ombre de la forêt, pour manger. Puis arrive à Castel Tournou. Incroyable ce que les hommes peuvent faire pour la guerre : Il y a là un blockhaus et des casemates taillées dans une falaise …

Plus bas, trois personnes surveillent un aigle dans son nid, sur la falaise d’en face. Ils me laissent regarder dans leur lunette : superbe, l’aigle tourne autour de son aire et de temps à autre son petit apparait. Après les avoir vivement remercié pour ce moment, je descends NE dans le vallon de Réfréi.

vallon et Réfréi

Le chemin devient piste, alors la fraicheur du torrent est la bienvenue (1200 m env.).

vallon de Réfréi

Je remonte la piste vers le Sud. Le beau pré, vu, n’est pas accessible. 2 4X4 puants me doublent. Vues impressionnantes depuis les rochers de Servia (1300 m env.). Où passer la nuit ; je sors la carte et décide de continuer ma remontée plein E. Un vététiste descend, moi, je monte. Il est 15h45. J’arrive bredouille, en 1h30, fumant et dégoulinant à la b.311 (1694 m) sur la piste forestière. Là, ce n’est pas très glamour. Je vais donc boucler ma boucle en cette fin de journée, en allant jusqu’à la baisse de Crouseta. Là, je me trouve une petite place entre deux arbres. Hormis les mouches, c’est super. J’ai eu tellement chaud, que je dine avec une infusion, des fruits sec et une pomme. Nostalgique, je revois le Mont Bertrand au coucher de soleil.

couchant sur Mt. Bertrand

Conclusions :

Dénivelé : + 550 m env. et – 650 m env.

Temps : 6 heures env.

Distance : 10.5 km env.

Très jolis paysages, sauvages en haut et exploités en bas

Dimanche 28 mai :

Le retour.

J’ai toute la journée pour faire les ¾ d’heure restant ….

J’en ai profité, je n’ai même pas entendu le petit 4×4 italien venir se garer à la b.312, 100 m en dessous.

Je suis parti à regret et ai retrouvé ma voiture, avant 11h.

retour sur Baisse d’Uguail

Conclusions :

Dénivelé : – 285 m

Temps : 3/4 heure à peine

Distance : 1.7 km env.

Ravi de toutes ces découvertes. Sortie un peu précoce, à refaire en partie en automne avec une météo plus favorable.

Ensuite :

  • Descendu sur Morignole
  • Visite de Notre-Dame des Fontaines (à voir)
  • Visite de la Brigue (belles maisons !)
  • Retour par Sospel, avec un nouveau contrôle de gendarmerie.

Remarque : ma carte au 1/25 000° utilisée, date de 1992, et coûtait à l’époque 57 francs. Elle coute, 25 ans plus tard : 12 €

A+

 

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